• Notes troisième en
    vu d'un récit circonstancié à
    <st1:personname w:st="on" productid="la Coll←giale">la Collégiale</st1:personname>
    sur l'avènement du Brest-Litovsk concept dite
    expérience Ingam/D :<o:p />



    <o:p> </o:p>



    Je suis allongé sur une table en métal. J'ai froid.



    Colto », je me dis « dans quelle galère tu te
    retrouves.... tu as le cerveau cotonneux ».... Murs blancs, type hôpital
    psychiatrique, caboche semblable aux bombardements de Nagazaki... Et la suite
    n'est guère plus réjouissante : j'ai les goules de Marie Igam et Mister D.
    en devanture... Les ratiches bien retroussées sur les babines avec leurs airs
    d'Ysengrin des bacs à sable...



    Dans le rôle du Chanteclerc geignard apparaît devant mes
    yeux un petit bonhomme rasé. Il est flanqué d'une jeune femme que je reconnais
    dans la seconde Louisebee Brook : mes yeux s'écarquillent... ça ne lui va
    pas de jouer la poule Pinte. Si elle se souvient bien de l'histoire, elle va
    s'évanouir à la fin. Mes yeux se déplient encore un peu puis se referment...
    C'est tellement bon de la revoir après une si longue absence qu'il ne faut
    abuser des bonnes choses... Et puis, je suis leur prisonnier. Un renard
    prisonnier voilà qui ne manque pas de piquant.



    De toute façon, il manque un lion à ce procès... Mais j'ai du
    mal à tourner ma tête de goupil. Il se peut que le roi soit là... En attendant,
    j'ai envie de me rendormir... Mais, c'est plutôt songerie qui me surprend
    l'espace de quelques secondes. Je rêve de collines flamboyantes, d'anses, de
    cirques et d'ilets... Il y a tout ce vert. Nous sommes nu, Louisebee, Maîtresse
    C. et moi-même à courir dans les herbes folles d'un jardin anglais négligé. Du
    jardin nous passons à une cascade à l'ombre de laquelle, avec un confondant
    naturel, nous allons nous rafraîchir. 
    Là, sous la chute régulière du torrent, les filles commencent à me
    léchouiller le derrière de l'oreille. Pour peu, ces Hermeline deviendraient
    presque Hersente. Je commence à ressentir de drôle de picotements dans les
    corps spongieux. Bizarre ce désir de triolisme ne m'avait jamais effleuré
    jusque-là. Moi, Cyrille Coltowitczk, je suis plutôt du genre binaire... <st1:personname w:st="on" productid="La Brook">La Brook</st1:personname> va rompre la douce
    monotonie de mes nouvelles ambitions :



    « Alors vilain traître, pas trop mal aux
    synapses ? »



    La question n'appelle pas de réponse alors je reste stoïque
    comme un castor avant la coupe... J'ai raison parce que <st1:personname w:st="on" productid="La Brook">la Brook</st1:personname> poursuit avec sa
    méchante petite intonation vicieuse :



    « Tu sais où tu es Monsieur Colto ? Non, alors, on
    va te rencarder... Ici t'es dans les sous-sols de <st1:personname w:st="on" productid="la Francitude">la Francitude</st1:personname>, le berceau
    de la résistance, la tanière du Lion. Ici personne ne t'entendra crier. Tu es
    notre otage. Et je te garantie que pour toi, l'issue n'est pas prête d'être
    heureuse. »



    J'étais content de la retrouver. Maintenant, j'en suis moins
    sûr. En écho ou en réponse, je parviens juste à bafouiller :



    - Le lion ? Ah, je le savais bien qu'il y avait un lion
    dans cette histoire...



    Et là, c'est le petit chauve excité qui comme à glapir comme
    un lapin trop pressé devant un cul de lapine :



    - Le lion, le lion va te manger tout cru, misérable petite
    vermine amerlocaine.... Le lion, va rugir... Ah Ah Ah, le lion...



    - Paix Maoz, paix mon Tibère. Tu abois comme un cabot, ça ne
    te va pas pour un chat. Ne commence pas à jouer les animaux serviles ... Notre
    ami Coltowitczk est un renard censé... Prince Chachlik des Pommiers, il n'est pas
    poire pour autant, il a bien compris qu'il était coincé dans le poulailler.



    Je me retourne vers la voix de stentor qui vient de
    prononcer ces paroles. C'est un homme d'une trentaine d'années avec des traits
    réguliers, à peine contrariés par une barbe de trois jours. Ces yeux d'un bleu
    perçant sont rehaussés de petites lunettes rondes qui lui donnent une certaine
    importance. Je comprends dans la seconde que Louisebee n'est qu'une égérie de
    seconde zone. Le véritable chef, c'est lui. Lui, le lion. Mais le lion a un
    autre surnom. Plus mythique encore que le nom de Brook qui pourtant a réussi a
    faire trembler dans les chaumières les millions de petites têtes blondes
    d'Anglosphère... Ce lion, cauchemar inavoué de la collégiale, ce lion dont le
    jugement, selon que l'on était puissant ou misérable nous faisait blanc ou noir...
    ce lion, crinière arrogante, arborant poitrail, toutes canines dehors... ce lion
    c'est : Le Trentenaire.



    Le Trentenaire, c'est Maîtresse Colline qui m'en a parlé la
    première fois, avec une frayeur non dissimulée dans la voix. Le Trentenaire
    selon elle n'avait pas d'âge mais il avait toujours existé. Pour la collégiale,
    les aspirations du Trentenaire étaient multiples, floues voire contradictoires.
    Mais une chose paraissait certaine pour Maîtresse Colline, le Trentenaire
    détestait la laideur des choses et la disgrâce des chaires. Le Trentenaire
    était un hédoniste qui avait refusé de vieillir et à le regarder attentivement
    il semblait bien qu'il y était parvenu. Ce Trentenaire, nouveau Faust, était
    donc un lion générationnel. Voilà qui n'arrangeait pas mes affaires.



    Louisebee Brook est venue se coller contre lui. Plus que
    jamais je lui ai trouvé les atours de cette débauchée d'Hersense. Le Tibère
    Maoz avec ses manies sournoises de greffiers des gouttières s'est planté en
    vis-à-vis du couple et tandis que Mister D (Chanteclerc ?) m'écartait les
    bras, je vis Marie Ingam (sans doute la poule Pinte en vérité)  s'approcher de moi avec une seringue. Le
    liquide rose bonbon contenu dans la seringue ne laissait aucun doute sur le
    produit : de la liqueur d'amaryllis non raffinée. De la pure. La pire.



    Mister D. m'a regardé avec un sourire vipérin puis il a
    grommelé :



    - Tu croyais peut-être que <st1:personname w:st="on" productid="la Tschok M←mory"><st1:personname w:st="on" productid="la Tschok">la Tschok</st1:personname> Mémory</st1:personname> nous avait
    dilapidé les neurones... Pauvre naïf ! Notre mémoire se porte bien et,
    merci, nous savons encore écrire, lire penser...



    - Nous pouvons même te faire très mal si nous le désirons à
    surenchérit Marie Ingam... Et le désir c'est le propre de la conscience.



    - Le pire, c'est le désir déçu. Le désir déçu, tu n'as pas
    idée de ce peut générer comme haine a joutée <st1:personname w:st="on" productid="La Brook">la Brook</st1:personname>



    - Traître, cloporte, moule, valetaille, a miaulé Maoz...



    Le Trentenaire, lui a regardé Marie et d'un mouvement du
    menton, il lui a intimé l'ordre de me faire l'injection....



    Des grosses goûtes de sueur ont commencé à perler sur le
    visage... C'est à ce moment là que, d'une pression de l'index, sur mon majeur, je
    suis parvenu à faire ce que je devais faire depuis le début : un morceau
    de pulpe s'est détachée de mon doigt... La pulpe est tombée à terre, libérant
    dans la seconde une épaisse et méphistophélique fumée jaune... Dans l'instant la
    pièce a commencé a s'emplir d'une immonde fragrance de tamarin pourri. J'ai
    croisé le regard de Louisebee Brook et, pour la première fois, j'y ai lu
    l'inquiétude...



    A suivre....



    <o:p> </o:p>




    votre commentaire


  • Notes troisième en
    vu d'un récit circonstancié à
    <st1:personname w:st="on" productid="la Coll←giale">la Collégiale</st1:personname>
    sur l'avènement du Brest-Litovsk concept dite
    expérience Ingam/D :<o:p />



    <o:p> </o:p>



    Je suis allongé sur une table en métal. J'ai froid.



    Colto », je me dis « dans quelle galère tu te
    retrouves.... tu as le cerveau cotonneux ».... Murs blancs, type hôpital
    psychiatrique, caboche semblable aux bombardements de Nagazaki... Et la suite
    n'est guère plus réjouissante : j'ai les goules de Marie Igam et Mister D.
    en devanture... Les ratiches bien retroussées sur les babines avec leurs airs
    d'Ysengrin des bacs à sable...



    Dans le rôle du Chanteclerc geignard apparaît devant mes
    yeux un petit bonhomme rasé. Il est flanqué d'une jeune femme que je reconnais
    dans la seconde Louisebee Brook : mes yeux s'écarquillent... ça ne lui va
    pas de jouer la poule Pinte. Si elle se souvient bien de l'histoire, elle va
    s'évanouir à la fin. Mes yeux se déplient encore un peu puis se referment...
    C'est tellement bon de la revoir après une si longue absence qu'il ne faut
    abuser des bonnes choses... Et puis, je suis leur prisonnier. Un renard
    prisonnier voilà qui ne manque pas de piquant.



    De toute façon, il manque un lion à ce procès... Mais j'ai du
    mal à tourner ma tête de goupil. Il se peut que le roi soit là... En attendant,
    j'ai envie de me rendormir... Mais, c'est plutôt songerie qui me surprend
    l'espace de quelques secondes. Je rêve de collines flamboyantes, d'anses, de
    cirques et d'ilets... Il y a tout ce vert. Nous sommes nu, Louisebee, Maîtresse
    C. et moi-même à courir dans les herbes folles d'un jardin anglais négligé. Du
    jardin nous passons à une cascade à l'ombre de laquelle, avec un confondant
    naturel, nous allons nous rafraîchir. 
    Là, sous la chute régulière du torrent, les filles commencent à me
    léchouiller le derrière de l'oreille. Pour peu, ces Hermeline deviendraient
    presque Hersente. Je commence à ressentir de drôle de picotements dans les
    corps spongieux. Bizarre ce désir de triolisme ne m'avait jamais effleuré
    jusque-là. Moi, Cyrille Coltowitczk, je suis plutôt du genre binaire... <st1:personname w:st="on" productid="La Brook">La Brook</st1:personname> va rompre la douce
    monotonie de mes nouvelles ambitions :



    « Alors vilain traître, pas trop mal aux
    synapses ? »



    La question n'appelle pas de réponse alors je reste stoïque
    comme un castor avant la coupe... J'ai raison parce que <st1:personname w:st="on" productid="La Brook">la Brook</st1:personname> poursuit avec sa
    méchante petite intonation vicieuse :



    « Tu sais où tu es Monsieur Colto ? Non, alors, on
    va te rencarder... Ici t'es dans les sous-sols de <st1:personname w:st="on" productid="la Francitude">la Francitude</st1:personname>, le berceau
    de la résistance, la tanière du Lion. Ici personne ne t'entendra crier. Tu es
    notre otage. Et je te garantie que pour toi, l'issue n'est pas prête d'être
    heureuse. »



    J'étais content de la retrouver. Maintenant, j'en suis moins
    sûr. En écho ou en réponse, je parviens juste à bafouiller :



    - Le lion ? Ah, je le savais bien qu'il y avait un lion
    dans cette histoire...



    Et là, c'est le petit chauve excité qui comme à glapir comme
    un lapin trop pressé devant un cul de lapine :



    - Le lion, le lion va te manger tout cru, misérable petite
    vermine amerlocaine.... Le lion, va rugir... Ah Ah Ah, le lion...



    - Paix Maoz, paix mon Tibère. Tu abois comme un cabot, ça ne
    te va pas pour un chat. Ne commence pas à jouer les animaux serviles ... Notre
    ami Coltowitczk est un renard censé... Prince Chachlik des Pommiers, il n'est pas
    poire pour autant, il a bien compris qu'il était coincé dans le poulailler.



    Je me retourne vers la voix de stentor qui vient de
    prononcer ces paroles. C'est un homme d'une trentaine d'années avec des traits
    réguliers, à peine contrariés par une barbe de trois jours. Ces yeux d'un bleu
    perçant sont rehaussés de petites lunettes rondes qui lui donnent une certaine
    importance. Je comprends dans la seconde que Louisebee n'est qu'une égérie de
    seconde zone. Le véritable chef, c'est lui. Lui, le lion. Mais le lion a un
    autre surnom. Plus mythique encore que le nom de Brook qui pourtant a réussi a
    faire trembler dans les chaumières les millions de petites têtes blondes
    d'Anglosphère... Ce lion, cauchemar inavoué de la collégiale, ce lion dont le
    jugement, selon que l'on était puissant ou misérable nous faisait blanc ou noir...
    ce lion, crinière arrogante, arborant poitrail, toutes canines dehors... ce lion
    c'est : Le Trentenaire.



    Le Trentenaire, c'est Maîtresse Colline qui m'en a parlé la
    première fois, avec une frayeur non dissimulée dans la voix. Le Trentenaire
    selon elle n'avait pas d'âge mais il avait toujours existé. Pour la collégiale,
    les aspirations du Trentenaire étaient multiples, floues voire contradictoires.
    Mais une chose paraissait certaine pour Maîtresse Colline, le Trentenaire
    détestait la laideur des choses et la disgrâce des chaires. Le Trentenaire
    était un hédoniste qui avait refusé de vieillir et à le regarder attentivement
    il semblait bien qu'il y était parvenu. Ce Trentenaire, nouveau Faust, était
    donc un lion générationnel. Voilà qui n'arrangeait pas mes affaires.



    Louisebee Brook est venue se coller contre lui. Plus que
    jamais je lui ai trouvé les atours de cette débauchée d'Hersense. Le Tibère
    Maoz avec ses manies sournoises de greffiers des gouttières s'est planté en
    vis-à-vis du couple et tandis que Mister D (Chanteclerc ?) m'écartait les
    bras, je vis Marie Ingam (sans doute la poule Pinte en vérité)  s'approcher de moi avec une seringue. Le
    liquide rose bonbon contenu dans la seringue ne laissait aucun doute sur le
    produit : de la liqueur d'amaryllis non raffinée. De la pure. La pire.



    Mister D. m'a regardé avec un sourire vipérin puis il a
    grommelé :



    - Tu croyais peut-être que <st1:personname w:st="on" productid="la Tschok M←mory"><st1:personname w:st="on" productid="la Tschok">la Tschok</st1:personname> Mémory</st1:personname> nous avait
    dilapidé les neurones... Pauvre naïf ! Notre mémoire se porte bien et,
    merci, nous savons encore écrire, lire penser...



    - Nous pouvons même te faire très mal si nous le désirons à
    surenchérit Marie Ingam... Et le désir c'est le propre de la conscience.



    - Le pire, c'est le désir déçu. Le désir déçu, tu n'as pas
    idée de ce peut générer comme haine a joutée <st1:personname w:st="on" productid="La Brook">la Brook</st1:personname>



    - Traître, cloporte, moule, valetaille, a miaulé Maoz...



    Le Trentenaire, lui a regardé Marie et d'un mouvement du
    menton, il lui a intimé l'ordre de me faire l'injection....



    Des grosses goûtes de sueur ont commencé à perler sur le
    visage... C'est à ce moment là que, d'une pression de l'index, sur mon majeur, je
    suis parvenu à faire ce que je devais faire depuis le début : un morceau
    de pulpe s'est détachée de mon doigt... La pulpe est tombée à terre, libérant
    dans la seconde une épaisse et méphistophélique fumée jaune... Dans l'instant la
    pièce a commencé a s'emplir d'une immonde fragrance de tamarin pourri. J'ai
    croisé le regard de Louisebee Brook et, pour la première fois, j'y ai lu
    l'inquiétude...



    A suivre....



    <o:p> </o:p>




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  • Minority report/ Tea for Two : Virus versus Woman in paradise<o:p />

    <o:p> </o:p>

    Notes deuxième en vu d'un récit circonstiancié à <st1:personname style="font-weight: bold;" productid="la Coll←giale" w:st="on">la Collégiale</st1:personname> sur l'avènement du Brest-Litovsk concept dite expérience Ingam/D :<o:p />

    Je bois le thé à la menthe posé près du Trakin. Marie Ingam en a fait trois fois trop comme d'habitude, ce sont ses restes de maman gâteau, prairie, dodo. Ce thé à la menthe me fait penser à la dernière fois que j'ai revu Louisebee en chair et en os. <o:p />

    A l'autre bout de la machine, la voix de Louisebee Brook dans le Trakin m'était
    semblable à un coup de poignard Kobun dans le cœur... Cela pourrait devenir embrouillé pour <st1:personname productid="la Coll←giale" w:st="on">la Collégiale</st1:personname> si je m'abstenais de vous brosser les circonstances dans lesquelles j'ai
    rencontré Louisebee Brook.<o:p />

    Moi, Docteur Cyrille Coltovitckz, au nom de Dieu et par le Diable, par devant même
    le grand Néo qui pour notre bonheur embrouille les lignes du destin, je souhaite aujourd'hui que la collégiale puisse apprécier dans toute son exactitude les rapports qui m'unirent autrefois à Louisebee Brook. <o:p />

    Dix ans, j'en ai été éperdument amoureux. Sans doute à un point tel que j'aurais pu
    alors trahir <st1:personname productid="la Coll←giale" w:st="on">la Collégiale</st1:personname> pour ses yeux amandes et son corps de déesse sumérienne. Un jour, dans un couloir de l'antique Sorbonne mon regard a croisé le sien. A cette époque, je m'appelais encore Cyrille Chachlik des Pommiers (j'avais le rang de Prince). Mais tout rang mis à part, j'étais surtout un jeune con d'étudiant ayant amassé plusieurs UV passionnantes mais disparates tel la « psychomotricité des coatis » ou « les carences culinaires pesant sur les serial bloggeurs ». Je ne savais pas où allait le monde et je m'en souciais comme de l'an 12. Seul alors comptait l'assouvissement de mes pulsions primitives. C'était en mai 48, si ma mémoire ne me fait pas défaut. J'étais en retard au séminaire : « indécence des statues maoris ». Je l'ai bousculé assez violemment il faut bien le dire et sous l'effet du choc, j'ai renversé son PSK (Palm SeKam). J'allais bredouiller une excuse mais mes yeux ont croisé les siens. Elle portait une naïade orange qui laissait apparaître dans toute leur générosité ses seins gracieux. Elle n'avait pas de chaussures et ses jolis pieds qui dépassaient à peine d'une tzigane baba cool paraissaient flotter sur le sol. Elle avait le visage bleu clair, de grands cernes mauves, des cheveux taillés XXe siècle comme les héroïnes de Jean Eustache. Sa bouche surtout en cœur d'artichaut me fit défaillir dans l'instant. J'ai voulu la cueillir dans la seconde comme un enfant pressé aurait engloutit des mirabelles trop mûres, sans craindre la colique dévastatrice qui va suivre.<o:p />

    Nous nous sommes aimé comme au bal et nous avons filé ensemble dix ans d'un amour
    exemplaire. Un amour sans partage, d'une beauté à rendre ses bras à <st1:personname productid="la V←nus" w:st="on">la Vénus</st1:personname> de Milo. Nous avons imaginé mille projets plus incroyables les uns que les autres. Nous mélangions
    nos corps rêveusement sans penser même à la minute d'après. Nous consumions nos ardeurs avec une telle intensité que le ravissement se disputait à l'évanouissement. Nous n'étions jamais reposés et après s'être donné l'un à l'autre quelques heures d'éternité, il nous fallait moins de quelques minutes pour recharger les accumulateurs, et faire bouillir à nouveau la marmite de nos emportements. Nous avions l'âge de la jeunesse et son insouciance. Je sais que sur cet aspect au moins, Louisebee fut une femme comblée. Elle était même dans mes bras une femmes au paradis. Mais Louisebee Brook était une femme insatiable. Elle avait la force d'une passionnaria. La politique aussi faisait partie de son quotidien. Je l'ai suivi dans cette voie, par elle et pour elle. Dès lors, je n'ai pu imaginer l'engagement politique autrement qu'intense, sans concession, romantique. Notre détestation se tournait alors (croyez bien que je le regrette sincèrement aujourd'hui que j'ai enfin atteint l'âge du réalisme) contre la mainmise progressive d'Anglosphère sur le monde. En Juin 58, nous préparions avec quelques camarades un gros coup en forme d'happening contre les armées d'occupations Jankee.<o:p />

    Quelques jours avant l'évènement, nous sommes allés Louisebee et moi boire un thé à la
    menthe dans l'annexe de <st1:personname productid="la Grande Mosqu←e." w:st="on"><st1:personname productid="la Grande" w:st="on">la Grande</st1:personname> Mosquée.</st1:personname> Vers 3 h 00, Louisebee a souhaité faire une course. Elle devait s'absenter une heure puis me retrouver. C'est pendant son absence que les premiers symptômes ont commencé à apparaître. J'ai été pris d'une douleur violente à l'estomac, et malgré une bonne demi-heure de reconnaissance dans les toilettes, la douleur n'a pas cessé. Je savais que l'Hôpital Européen était à deux pas. Plié en deux, je me suis trainé jusqu'à l'hôpital pour y effectuer un check-up cocotte-minute. mois d'un quart d'heure plus tard, un médecin de garde, l'œil mauvais, la grimace aux lèvres, le nez suspicieux, venait me remettre les résultats. La sanction était sans appel. Avec non moins de ménagement, la blouse blanche m'annonçait que j'étais porteur sain du virus Bola D. Je crois que j'ai senti réellement ce jour-là la terre se dérober sous mes pieds. Dans ma mémoire, le visage de Louisebee est apparu, souriant, une dernière fois. Plus qu'une catastrophe, ceci impliquait une modification radicale de mon engagement avec Louisebee. Si par hasard, je poursuivais ma relation avec elle, je finirais immanquablement par la
    contaminer un jour. Au lieu de sa pâle peau bleue, elle contracterait à mon contact cette couleur violacée qui me dévore aujourd'hui le visage. Son nez achèverait de se transformer en cet infâme appendice aquilin qui me déforme désormais les traits de la face. Outre les douleurs quotidiennes, les drogues multiples dont elle devrait se gaver pour résister, le virus parachèverait un jour son entreprise de transformation en asséchant ses larmes... Un sale virus qui lui boufferait les larmes... Non, ça, je ne pouvais pas l'accepter.<o:p />

    Alors ? Alors, j'ai fuit dans l'instant sans me retourner, sans rien lui dire même de mon état. J'ai fuit sans tenter de la revoir une seule seconde. J'ai fuit et c'est la première fois aujourd'hui depuis quinze ans que sa gracieuse voix se rappelle à mon bon souvenir. J'ai
    fuit en Anglosphère. Je savais que la recherche sur le virus Bola D avançait là-bas à grands pas. Cette affection était inguérissable mais on pouvait au moins en enrayer les effets. C'est là, en Anglosphère que j'ai rencontré le Professeur Phylmots Abkarian qui à défaut de soigner mes escarres a su au moins apaiser mon être intérieur. C'est là que j'ai brillamment obtenu mon doctorat en médecine électro-nucléaire. C'est là que j'ai commencé à me passionner pour l'invention du Professeur Tschok. Avec cette mémoire de substitution que l'on pouvait implanter dans les consciences, je me persuadais que si je ne retrouverais plus jamais le visage de ma jeunesse au moins pouvais-je trafiquer les consciences humaines, et, dès lors inspirer à mon amour de jeunesse une modification de la perception : bref, lui apparaître tel que je l'avais toujours été : beau. La suite, chers
    maîtres, vous la connaissez. Dans les cercles autorisés mes recherches ont commencé à intriguer. Et un jour, Maîtresse Colline, grande prêtresse de la collégiale est venue me trouver. Elle avait une proposition à me faire : entrer au service de notre noble assemblée.<o:p />

    Lentement, j'ai émergé de l'histoire et j'ai repris contact avec la voix dans le combiné du Trakin. C'était une voix haineuse, une voix qui n'avait rien pardonné. Nul doute, c'était bien Louisebee :<o:p />

    <o:p> </o:p>"- Docteur Coltovitckz, les remugles du passé vous assaillent, n'est-ce pas ? Vous
    sentez montez en vous la froide putréfaction de vos renoncements ?<o:p>
    </o:p>- Je ne sais pas de quoi vous voulez parler Ma... Ma dame, mais il y a sans doute méprise...<o:p>
    - Il n'y a aucune méprise Docteur Coltovitckz, ou peut-être devrais-je dire, Cyrille Prince
    Chachlik des Pommiers... Alors comme ça, après avoir fuit comme un rat, tu es
    entré au service d'Anglosphère ?<o:p>
    </o:p>- Je vais t'expliquer Louisebee...<o:p>
    - Trop tard pour les explications, la menthe était piégée... Nos amis ici-présent vont pouvoir t'emmener à moi."</o:p></o:p>

    Pris d'une soudaine bouffée de terreur, je me suis retournée et j'ai vu Mister D et Marie Ingam qui me regardait avec un drôle d'air bizarre. C'est à ce moment-là que les feuilles
    de menthes sans doute anesthésiantes ont commencé à pleuvoir sur moi. J'ai compris que j'allais sombrer dans les vapes. J'étais tombé dans un piège. Avant de rejoindre Morphée, je n'ai pas pu m'empêcher de sourire. J'allais bientôt revoir Louisebee Brook. <st1:personname productid="La Collégiale" w:st="on">La Collégiale</st1:personname> serait contente, pour le moment, le plan se déroulait comme prévu...<o:p />

    A suivre<o:p />

    Photo : Cyrille, Prince Chachlik des Pommiers en 48, quelques semaines après que son visage ne soit impitoyablement attaqué par les déficiences bolaesques (ndlr : déficiences dues aux attaques en règle du virus Bola D sur les Monocytes E9)<o:p />




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  • On doit <st1:personname w:st="on" productid="la Tschok M←mory"><st1:personname w:st="on" productid="la Tschok">la Tschok</st1:personname> Mémory</st1:personname> au dénommé Gontran Tschok, un ingénieur érotomane qui dans les années vingt a voulu relever la gageure de la compréhension du mystère féminin.<o:p />

    Dans ce dessein, il a banni tout empirisme et a pratiqué l'expérimentation. Il a forgé de toute pièce une mémoire féminine idéale. Un cerveau cybernétique qui se conçoit tout à la fois comme doté d'un fort pouvoir érotique et d'une douceur toute maternelle. Ce qui donnait alors un cerveau capricieux, exaspérant, exubérant mais aussi tendre, craquant, pacifique... Bref, une femme.<o:p />

    Mais l'invention de l'ingénieur Tschok a été dévoyée par nos soins. A partir de cette matrice de départ, les techniciens d'Autonome-Corp ont imaginé une mémoire virtuelle plus large que l'on pouvait implanter en remplacement de la mémoire originelle à tout un chacun (mâle et femelles confondus)... Cette mémoire de remplacement se voulait élémentaire dans ses principes. Ses traits dominant greffés sur le cerveau-base étaient l'obéissance à la puissance publique, la naïveté, la lâcheté, la cupidité et une grande capacité de travail. Ce que l'on a appelé alors par extension autant que par convention
    Tschok Mémory est dès lors devenue une mémoire de contrôle sociétal. <o:p />

    Syndicalistes casse-pieds, associatifs gênant, journalistes fouineurs, intellectuels de gauche, bref, tous ces gens dangereux qui veulent repenser la société à l'aune de leurs chimères, ont alors été passés à la moulinette de <st1:personname w:st="on" productid="la Tschok M←mory.">la Tschok Mémory.</st1:personname> <o:p />

    Pour y parvenir, rien de plus simple. Une petite visite médicale de routine. Un
    anesthésiste discret... Et après quatre heures d'opération nos moutons noirs
    rejoignaient le troupeau pour une transhumance apaisée. Leur souvenir n'étaient plus les leur. Ils rompaient tout lien avec leurs milieux d'origine, abandonnaient femmes et enfant et surtout ils adoraient le veau d'or qu'ils avaient conspué la veille. On a vu ainsi des marxistes sincères, des écolos intransigeants ou des américanophobes patentés se transformer du jour au lendemain en d'intraitables barons du capitalisme productiviste, chantre béat du pouvoir d'Anglosphère...<o:p />

    Mais toute belle idée à son revers. C'est dans cette patrie de braillards bouffeurs d'ail que les premiers signes de résistances ont commencé à apparaître. Quelques gratte-papier rebelles à toute visite médicale, des internautes méfiant, des artistes indociles se sont organisés dans le chaos propice d'un pays où les gens n'ont jamais été doués pour pratiquer la langue de Shakespeare. Au départ, ils ont instillé le doute. Puis ils ont semé les graines de la discorde. Avant de critiquer ouvertement les orientations d'Anglosphère. Surtout, ce front du refus s'est trouvé une égérie, fantasme ou réalité fantasmée, en la personne d'une dénommée Louisebee Brook A partir de là, les ennuis ont commencé à poindre sur nous comme criquets anti-bla sur une récolte de maïs BZ Novartis... <o:p />

    Mais nous avons de la ressource... La collégiale a repris les choses en main... C'est le
    principe même du capitalisme que nous avons mis en pratique. Face aux défis, nous avons été contraint d'innover. De cette contingence et dans une atmosphère de challenge est né l'expérience Ingam/D. Il n'était pas encore écrit que nous laisserions le dernier mot aux mangeurs de grenouilles et à leur affidés.<o:p />


    Statue en hommage de Gontran Tschok dit "l'inventeur" érigée par l'Association des femmes reconnaissantes de Moscou en l'honneur de cet immense Professeur.<o:p />



    <o:p />




    5 commentaires

  • Minority report/ One to One... <o:p />

    Note première en vu d'un récit circonstancié à <st1:personname productid="la Coll←giale" w:st="on">la Collégiale</st1:personname> sur l'avènement du Brest-Litovsk concept dite expérience Ingam/D :<o:p />

    Comme vous le savez Messieurs les Webyeurs, on m'appelle Coltovitckz. Cyrille Coltovitckz. Dans la profession, on me surnomme le Ruskof, rapport à ce patronyme qui semble tout droit sorti d'un roman de gare, tendance transsibérien...
    Mais ce n'est pas mon vrai nom. Marie Ingam le croit, tout comme Mister D. Elle croit aussi connaître mon père comme étant un éminent chercheur qui aurait longtemps officié pour les plus hautes autorités d'Anglosphère. Elle croit aussi
    travailler pour le Service Jardin secret. Elle croit que je peux sauver Mister D. Ah Ah, je me gausse... Parce qu'elle croit beaucoup de chose, Marie mais tout cela fait partie d'un plan concerté. Marie et Mister D vivent avec une Tschok-memory,
    bref, une mémoire implantée. Marie Ingam a été révisée la semaine dernière. Mister D hier. Depuis sa révision, Mister D se figure qu'il est doté d'un bloc autonome avec une prothèse oculaire interactive... je me marre tout rouge de nouveau. Quelle bande de naïfs. Les techniciens d'Autonome-Corp ont fait du bon boulot. Non seulement ceux-là ignorent tout de leur existence réelle mais ils vivent en prime une réalité virtuelle du genre angoissante. A côté de ce qu'ils ressentent les préhistomoovie de Dario Argento, Romero ou Hooper sont de la gnognotte. En ce moment par exemple, Marie Ingam croit tout bêtement que Mister D est en train de fondre. Et Mister D pense qu'il est au plus mal. <o:p />

    Marie a perçu une présence, la mienne bien sûr, mais à rebours... Elle pense que la porte vient de s'ouvrir et que mes atours rassurants annoncent un plan de sauvetage pour Mister D. Je l'entend répéter comme une poupée détraquée :
    « Doktor Coltovitckz, il faut sauver le soldat Decker... il faut sauver le soldat Decker »... Dans son cerveau répétitif, elle me voit avec tous les oripeaux du médecin... Ma blouse blanche de bon Sigmund Freud, mes novlectrodes de crash-Doctor, le stéthoscope en bandoulière, la meringue prête à injecter de la liqueur d'Amaryllis. Dans la conscience de Marie Ingam, seule une injection à base de liqueur d'Amaryllis peut encore sauver Mister D. La conscience Ingam
    est une conscience bien surannée mais elle n'y peut pas grand-chose, là encore, tout a été programmé.<o:p />

    Bref, en vérité avant même que Marie ne s'imagine que la porte venait de s'ouvrir, que je venais d'arriver, j'avais déjà pénétré dans l'intimité de Mister D depuis une bonne dizaine de minutes.<o:p />


    Tant que je ne parle pas, ils ne peuvent me voir. Mister D, lui est dans ses angoisses, des rêves burroughiens fait de câbles et de prothèses anthropophages. Il rêve aussi de communiquer avec Marie par œil interposé. Le plus drôle, c'est qu'ils sont bel et bien en train de communiquer. Mais bizarrement, pas de la façon à laquelle on pourrait s'attendre :<o:p />

    En ce moment, ils... Comment dire cela sans heurter <st1:personname productid="la Coll←giale" w:st="on">la Collégiale</st1:personname> :<o:p />

    En ce moment, ils... enfin, voilà... Ils copulent.<o:p />

    Cela arrive parfois quand le cocktail des drogues neuronales est trop puissant. Les yeux se croisent en un angle qualifié d'asymptométrique. Il se croisent mais ne se perçoivent pas. Bizarrement alors que les consciences sont totalement antagonistes, les corps se rapprochent dans une sorte de réflexe primal, sans doute du fait d'une réminiscence du cerveau reptilien. <o:p />

    Ce que je ne m'explique pas, c'est que nos deux tourtereaux sont couchés sur une sorte de lit végétal : en vérité, un gigantesque matelas de feuilles de menthe... Je me suis tétanisé. Pour la première fois, je me passe une main sur le front. Il est en sueur. <o:p />

    La présence de ce tapis de menthe est un présage pour le moins étrange et inquiétant. Un élément totalement
    anachronique si l'on songe que la menthe fraîche a disparu de la surface d'anglosphère depuis près de trente ans. <o:p />

    Hésitant entre plusieurs hypothèses, je n'ai pas entendu dans l'instant la sonnerie du Télétrakin de Mister D mais je l'ai vu se défaire de Marie et se mettre dans la position du tireur couché. <o:p />

    Mister D et Marie paraissaient aussi apeurés que des bêtes traquées. Je les ai calmé en leur injectant un tranquillisant à base de streptoco-strychnine.<o:p />

    Machinalement, je me suis précipité sur ce combiné. J'ai mis le vocal-Liser en marche.<o:p />

    Le timbre de la voix était celui d'une femme. Il était rauque. Il me fit défaillir. Ce n'était tout bonnement pas possible. La terreur avait pris le pas sur la raison.<o:p />

    A l'autre bout du trakin, j'entendais distinctement la voix de Louisebee Brook.<o:p />


    A suivre...
    <o:p />

    En négatif : le Docteur Colto en synthèse encépahlique tel que Marie Ingam et Mister D le perçoive après absorption de liqueur d'Amaryllis<o:p />





    1 commentaire


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