• Part XI/ Virus (by Cyrille)











    Minority report/ Tea for Two : Virus versus Woman in paradise<o:p />

    <o:p> </o:p>

    Notes deuxième en vu d'un récit circonstiancié à <st1:personname style="font-weight: bold;" productid="la Coll←giale" w:st="on">la Collégiale</st1:personname> sur l'avènement du Brest-Litovsk concept dite expérience Ingam/D :<o:p />

    Je bois le thé à la menthe posé près du Trakin. Marie Ingam en a fait trois fois trop comme d'habitude, ce sont ses restes de maman gâteau, prairie, dodo. Ce thé à la menthe me fait penser à la dernière fois que j'ai revu Louisebee en chair et en os. <o:p />

    A l'autre bout de la machine, la voix de Louisebee Brook dans le Trakin m'était
    semblable à un coup de poignard Kobun dans le cœur... Cela pourrait devenir embrouillé pour <st1:personname productid="la Coll←giale" w:st="on">la Collégiale</st1:personname> si je m'abstenais de vous brosser les circonstances dans lesquelles j'ai
    rencontré Louisebee Brook.<o:p />

    Moi, Docteur Cyrille Coltovitckz, au nom de Dieu et par le Diable, par devant même
    le grand Néo qui pour notre bonheur embrouille les lignes du destin, je souhaite aujourd'hui que la collégiale puisse apprécier dans toute son exactitude les rapports qui m'unirent autrefois à Louisebee Brook. <o:p />

    Dix ans, j'en ai été éperdument amoureux. Sans doute à un point tel que j'aurais pu
    alors trahir <st1:personname productid="la Coll←giale" w:st="on">la Collégiale</st1:personname> pour ses yeux amandes et son corps de déesse sumérienne. Un jour, dans un couloir de l'antique Sorbonne mon regard a croisé le sien. A cette époque, je m'appelais encore Cyrille Chachlik des Pommiers (j'avais le rang de Prince). Mais tout rang mis à part, j'étais surtout un jeune con d'étudiant ayant amassé plusieurs UV passionnantes mais disparates tel la « psychomotricité des coatis » ou « les carences culinaires pesant sur les serial bloggeurs ». Je ne savais pas où allait le monde et je m'en souciais comme de l'an 12. Seul alors comptait l'assouvissement de mes pulsions primitives. C'était en mai 48, si ma mémoire ne me fait pas défaut. J'étais en retard au séminaire : « indécence des statues maoris ». Je l'ai bousculé assez violemment il faut bien le dire et sous l'effet du choc, j'ai renversé son PSK (Palm SeKam). J'allais bredouiller une excuse mais mes yeux ont croisé les siens. Elle portait une naïade orange qui laissait apparaître dans toute leur générosité ses seins gracieux. Elle n'avait pas de chaussures et ses jolis pieds qui dépassaient à peine d'une tzigane baba cool paraissaient flotter sur le sol. Elle avait le visage bleu clair, de grands cernes mauves, des cheveux taillés XXe siècle comme les héroïnes de Jean Eustache. Sa bouche surtout en cœur d'artichaut me fit défaillir dans l'instant. J'ai voulu la cueillir dans la seconde comme un enfant pressé aurait engloutit des mirabelles trop mûres, sans craindre la colique dévastatrice qui va suivre.<o:p />

    Nous nous sommes aimé comme au bal et nous avons filé ensemble dix ans d'un amour
    exemplaire. Un amour sans partage, d'une beauté à rendre ses bras à <st1:personname productid="la V←nus" w:st="on">la Vénus</st1:personname> de Milo. Nous avons imaginé mille projets plus incroyables les uns que les autres. Nous mélangions
    nos corps rêveusement sans penser même à la minute d'après. Nous consumions nos ardeurs avec une telle intensité que le ravissement se disputait à l'évanouissement. Nous n'étions jamais reposés et après s'être donné l'un à l'autre quelques heures d'éternité, il nous fallait moins de quelques minutes pour recharger les accumulateurs, et faire bouillir à nouveau la marmite de nos emportements. Nous avions l'âge de la jeunesse et son insouciance. Je sais que sur cet aspect au moins, Louisebee fut une femme comblée. Elle était même dans mes bras une femmes au paradis. Mais Louisebee Brook était une femme insatiable. Elle avait la force d'une passionnaria. La politique aussi faisait partie de son quotidien. Je l'ai suivi dans cette voie, par elle et pour elle. Dès lors, je n'ai pu imaginer l'engagement politique autrement qu'intense, sans concession, romantique. Notre détestation se tournait alors (croyez bien que je le regrette sincèrement aujourd'hui que j'ai enfin atteint l'âge du réalisme) contre la mainmise progressive d'Anglosphère sur le monde. En Juin 58, nous préparions avec quelques camarades un gros coup en forme d'happening contre les armées d'occupations Jankee.<o:p />

    Quelques jours avant l'évènement, nous sommes allés Louisebee et moi boire un thé à la
    menthe dans l'annexe de <st1:personname productid="la Grande Mosqu←e." w:st="on"><st1:personname productid="la Grande" w:st="on">la Grande</st1:personname> Mosquée.</st1:personname> Vers 3 h 00, Louisebee a souhaité faire une course. Elle devait s'absenter une heure puis me retrouver. C'est pendant son absence que les premiers symptômes ont commencé à apparaître. J'ai été pris d'une douleur violente à l'estomac, et malgré une bonne demi-heure de reconnaissance dans les toilettes, la douleur n'a pas cessé. Je savais que l'Hôpital Européen était à deux pas. Plié en deux, je me suis trainé jusqu'à l'hôpital pour y effectuer un check-up cocotte-minute. mois d'un quart d'heure plus tard, un médecin de garde, l'œil mauvais, la grimace aux lèvres, le nez suspicieux, venait me remettre les résultats. La sanction était sans appel. Avec non moins de ménagement, la blouse blanche m'annonçait que j'étais porteur sain du virus Bola D. Je crois que j'ai senti réellement ce jour-là la terre se dérober sous mes pieds. Dans ma mémoire, le visage de Louisebee est apparu, souriant, une dernière fois. Plus qu'une catastrophe, ceci impliquait une modification radicale de mon engagement avec Louisebee. Si par hasard, je poursuivais ma relation avec elle, je finirais immanquablement par la
    contaminer un jour. Au lieu de sa pâle peau bleue, elle contracterait à mon contact cette couleur violacée qui me dévore aujourd'hui le visage. Son nez achèverait de se transformer en cet infâme appendice aquilin qui me déforme désormais les traits de la face. Outre les douleurs quotidiennes, les drogues multiples dont elle devrait se gaver pour résister, le virus parachèverait un jour son entreprise de transformation en asséchant ses larmes... Un sale virus qui lui boufferait les larmes... Non, ça, je ne pouvais pas l'accepter.<o:p />

    Alors ? Alors, j'ai fuit dans l'instant sans me retourner, sans rien lui dire même de mon état. J'ai fuit sans tenter de la revoir une seule seconde. J'ai fuit et c'est la première fois aujourd'hui depuis quinze ans que sa gracieuse voix se rappelle à mon bon souvenir. J'ai
    fuit en Anglosphère. Je savais que la recherche sur le virus Bola D avançait là-bas à grands pas. Cette affection était inguérissable mais on pouvait au moins en enrayer les effets. C'est là, en Anglosphère que j'ai rencontré le Professeur Phylmots Abkarian qui à défaut de soigner mes escarres a su au moins apaiser mon être intérieur. C'est là que j'ai brillamment obtenu mon doctorat en médecine électro-nucléaire. C'est là que j'ai commencé à me passionner pour l'invention du Professeur Tschok. Avec cette mémoire de substitution que l'on pouvait implanter dans les consciences, je me persuadais que si je ne retrouverais plus jamais le visage de ma jeunesse au moins pouvais-je trafiquer les consciences humaines, et, dès lors inspirer à mon amour de jeunesse une modification de la perception : bref, lui apparaître tel que je l'avais toujours été : beau. La suite, chers
    maîtres, vous la connaissez. Dans les cercles autorisés mes recherches ont commencé à intriguer. Et un jour, Maîtresse Colline, grande prêtresse de la collégiale est venue me trouver. Elle avait une proposition à me faire : entrer au service de notre noble assemblée.<o:p />

    Lentement, j'ai émergé de l'histoire et j'ai repris contact avec la voix dans le combiné du Trakin. C'était une voix haineuse, une voix qui n'avait rien pardonné. Nul doute, c'était bien Louisebee :<o:p />

    <o:p> </o:p>"- Docteur Coltovitckz, les remugles du passé vous assaillent, n'est-ce pas ? Vous
    sentez montez en vous la froide putréfaction de vos renoncements ?<o:p>
    </o:p>- Je ne sais pas de quoi vous voulez parler Ma... Ma dame, mais il y a sans doute méprise...<o:p>
    - Il n'y a aucune méprise Docteur Coltovitckz, ou peut-être devrais-je dire, Cyrille Prince
    Chachlik des Pommiers... Alors comme ça, après avoir fuit comme un rat, tu es
    entré au service d'Anglosphère ?<o:p>
    </o:p>- Je vais t'expliquer Louisebee...<o:p>
    - Trop tard pour les explications, la menthe était piégée... Nos amis ici-présent vont pouvoir t'emmener à moi."</o:p></o:p>

    Pris d'une soudaine bouffée de terreur, je me suis retournée et j'ai vu Mister D et Marie Ingam qui me regardait avec un drôle d'air bizarre. C'est à ce moment-là que les feuilles
    de menthes sans doute anesthésiantes ont commencé à pleuvoir sur moi. J'ai compris que j'allais sombrer dans les vapes. J'étais tombé dans un piège. Avant de rejoindre Morphée, je n'ai pas pu m'empêcher de sourire. J'allais bientôt revoir Louisebee Brook. <st1:personname productid="La Collégiale" w:st="on">La Collégiale</st1:personname> serait contente, pour le moment, le plan se déroulait comme prévu...<o:p />

    A suivre<o:p />

    Photo : Cyrille, Prince Chachlik des Pommiers en 48, quelques semaines après que son visage ne soit impitoyablement attaqué par les déficiences bolaesques (ndlr : déficiences dues aux attaques en règle du virus Bola D sur les Monocytes E9)<o:p />




  • Commentaires

    1
    Lundi 28 Novembre 2005 à 05:50
    Alors
    c'est l'histoire d'un docteur qui n'est peut-être pas si mauvais qu'il en a l'air
    2
    Lundi 28 Novembre 2005 à 05:51
    L'histoire
    d'un virus qui graille les lacrymales
    3
    Lundi 28 Novembre 2005 à 05:52
    Et de deux êtres
    touchés dans leur chair. Bref un drame antique, une histoire cornélienne.
    4
    Lundi 28 Novembre 2005 à 09:31
    et nous avons
    même droit à trois commentaires de l'auteur. C'est y pas beau. Bonjour ici. Bon je vais lire de ce pas.
    5
    Mister D.
    Lundi 28 Novembre 2005 à 11:49
    Tu es
    fais comme un rat, Dr C. ahahahahahah.....
    6
    Lundi 28 Novembre 2005 à 12:25
    Je suis pliée de rire
    Cyrille faut arrêter les mélanges thé et verveine plus insomnuits !! T'es grave barge ! J'ai adoré ! Faut que l'infirmière LouiseBee revienne moi j'vois que ça comme remède !! Mon Prince, mes zommages du jour !!
    7
    Lundi 28 Novembre 2005 à 12:31
    Voui
    Decker : ah ah ah mais le Docteur Colto est peut-être un méchant, c'est aussi qqu'un qui souffre dans sa chair... Un individu tourmenté qui un jour a fait le mauvais choix.../ Merci Souvenir, cette assiduité en lecture est d'un genre rare...
    8
    Lundi 28 Novembre 2005 à 13:22
    j'avais même pas bu
    de verveine. Bon, je peux encore écrire une suite (plus courte d'ailleurs) mais après, j'aimerais bien que qqu'un prenne le relaie ?
    9
    Lundi 28 Novembre 2005 à 13:31
    Pas moi !
    Pas avant le 10 décembre ou alors vraiment si j'ai une lueur d'inspiration !!
    10
    Lundi 28 Novembre 2005 à 13:35
    Non mais, je
    pensais à remettre à une tierce personne à moins que Mister D prenne la suite... Bon il bug un peu moins ce blog mais ce n'est pas encore ça
    11
    Lundi 28 Novembre 2005 à 14:18
    Où je découvre effrayée...
    que la réalité grignote la fiction... Bravo.
    12
    Lundi 28 Novembre 2005 à 14:56
    Je me fais un...
    marque page, que personne ne l'enlève merci ! :)
    13
    Lundi 28 Novembre 2005 à 15:01
    Chris
    Tu n'as pas lu depuis le début ??? Je te préviens tu bois le thé à la menthe d'une autre manière après ça !! Cyrille, Decker, je m'inquiète. Pour nous... Que va-t-on devenir à la fin de ce feuilleton ? On sera obligés d'en écrire un autre !!
    14
    Lundi 28 Novembre 2005 à 17:59
    ou alors, on peut faire une Emotion (vote à main levée)
    Bref, on le retravaille et on le publie... et on devient riche et célèbre à plusieurs (genre à 36. Pourquoi 36 ? Je sais pas, c'est un chiffre qui me plaît. Marque page de Chris (pas touche), il n'y a pas de pb, j'y veille./ Oui, Eva, la réalité dépasse de peu la fiction....
    15
    Mister D.
    Lundi 28 Novembre 2005 à 21:04
    passons
    la main, frères et soeurs... Du sang neuf, que diable...
    16
    Mardi 29 Novembre 2005 à 06:57
    Hun hun
    "Maîtresse Colline", j'aime assez. :) Cyrille -j'peux t'appeler Cyrille?-, plus qu'un jour avant ma réponse à ton mail. (et après je t'en fais un long comme le bras)
    17
    Mardi 29 Novembre 2005 à 13:05
    On passe
    la main decker mais j'ai un dernier (dernier) épisode à raconter...
    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :